Enquête agricole 2026 : des chiffres fiables commencent chez les agriculteurs

Statbel a lancé sa nouvelle enquête agricole pour 2026. Tous les agriculteurs et horticulteurs belges sont invités à y participer. Encore un questionnaire dans un secteur qui ne manque déjà pas de formalités administratives ? Peut-être. Pourtant, cette enquête mérite de ne pas finir tout en bas de la pile.

Les chiffres issus de l’enquête agricole servent en effet à dresser une image aussi fidèle que possible de l’agriculture belge actuelle. Ils constituent une base pour la recherche, les analyses sectorielles et la politique agricole, tant en Belgique qu’au niveau européen. Ceux qui estiment que les décisions concernant l’agriculture reposent trop souvent sur des suppositions ou sur une vision incomplète du terrain ont donc tout intérêt à ce que ces données soient aussi correctes que possible.

Statbel interroge notamment les exploitants sur la main-d’œuvre présente sur l’exploitation, la gestion de l’entreprise, l’utilisation des terres, le cheptel et les activités de diversification comme la transformation à la ferme, le tourisme à la ferme ou encore l’agriculture sociale. Un nombre plus limité d’exploitations reçoit également des questions complémentaires sur le logement des animaux et la gestion des effluents.

Tout ne doit pas être rempli à nouveau

Statbel souligne qu’il utilise autant que possible les données déjà disponibles dans les bases administratives existantes. Les superficies cultivées sont par exemple reprises directement de la déclaration de superficie. Pour les bovins et les porcs, les données de Sanitel sont utilisées, tandis que certaines informations de la Banque des engrais sont également intégrées lorsque cela est possible.

L’enquête sert donc surtout à compléter les informations qui ne peuvent pas être obtenues, ou pas suffisamment, par ces systèmes. Certaines réponses sont en outre préremplies. Comme le questionnaire est proposé en ligne, les agriculteurs ne voient que les questions pertinentes pour leur exploitation.

Cela ne signifie pas que l’enquête ne demande aucun effort. Mais c’est justement là que réside l’importance d’une participation suffisante. Plus les agriculteurs répondent de manière complète, plus les statistiques reflètent correctement la réalité quotidienne des exploitations.

Les politiques agricoles se construisent aussi avec des chiffres

La politique agricole ne se décide pas uniquement dans une cour de ferme, une étable ou au milieu d’une parcelle. Une grande partie de sa préparation se fait derrière des bureaux, sur la base de tableaux, de graphiques et de statistiques. Les données de Statbel sont notamment utilisées pour préparer, suivre et évaluer la Politique agricole commune.

Cela rend cette enquête plus importante qu’elle ne peut le sembler au premier abord.

Si, par exemple, le nombre de personnes travaillant dans les exploitations, la structure des entreprises ou l’ampleur de certaines activités sont mal estimés, le débat agricole part lui aussi d’une base erronée. Ceux qui souhaitent que la diversité et la complexité de l’agriculture belge apparaissent correctement dans les statistiques peuvent donc y contribuer directement grâce à cette enquête.

Les données ne servent pas à des contrôles

Une préoccupation compréhensible chez les agriculteurs concerne l’utilisation qui sera faite des informations transmises. Selon Statbel, les données individuelles des exploitations sont traitées de manière strictement confidentielle et utilisées exclusivement à des fins statistiques.

Les résultats ne sont publiés que sous une forme agrégée et anonyme. Les données des exploitations individuelles ne sont pas rendues publiques et, selon Statbel, elles ne sont pas non plus utilisées à des fins fiscales, administratives ou de contrôle.

Quelques minutes d’administration, mais un enjeu plus large

Le secteur agricole a suffisamment de raisons d’être critique face à des charges administratives supplémentaires. Mais il est difficile d’établir de bonnes statistiques agricoles sans la participation de celles et ceux qui travaillent chaque jour dans les exploitations.

Les agriculteurs qui reçoivent une invitation de Statbel ont donc intérêt à ne pas la mettre immédiatement de côté. Non pas parce qu’une enquête résoudra tous les problèmes du secteur, mais parce que des chiffres fiables sont indispensables dès qu’il est question de parler de l’agriculture et de prendre des décisions à son sujet.

Ou, plus simplement : si les agriculteurs veulent que les décideurs tiennent compte de la réalité du secteur, cette réalité doit d’abord apparaître le plus fidèlement possible dans les chiffres.

L’enquête agricole 2026 est organisée par Statbel dans le cadre des statistiques agricoles intégrées européennes. Les agriculteurs et horticulteurs concernés reçoivent directement une invitation afin de compléter le questionnaire en ligne.

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