Le marché belge des tracteurs en 2025 : résilience face au ralentissement européen

Le marché belge de la mécanisation agricole fait preuve d’une résilience remarquable en 2025. Alors que les ventes de tracteurs neufs ont fortement chuté dans de nombreux pays voisins, la Belgique reste relativement stable, sans pour autant échapper complètement aux corrections qui semblaient inévitables après une année 2024 exceptionnelle.

Selon le dossier économique de Fedagrim, la fédération belge pour la mécanisation agricole et horticole, les ventes de tracteurs en Belgique en 2025 seront inférieures d’environ 10 % à celles de l’année 2024, exceptionnellement forte, mais seulement de 3,5 % inférieures à la moyenne sur cinq ans. Ceci est remarquable lorsque l’on compare la situation dans les pays voisins : la France enregistre une baisse d’environ -15 %, l’Allemagne d’environ -11 %, tandis que les ventes sont également sous pression aux Pays-Bas.

Dynamique du marché au-dessus et en dessous de 50 ch

Dans le segment le plus important pour l’agriculture professionnelle, celui des tracteurs de plus de 50 ch, New Holland reste le leader du marché avec 20 % de parts de marché, suivi par John Deere (±19,5 %) et Fendt (14,5 %). Ces positions montrent que, malgré le recul général du marché, la position concurrentielle des principaux acteurs reste stable. Case IH et Claas enregistrent une légère baisse de leur part de marché, tandis que McCormick double presque sa part dans ce segment.

Une autre dynamique se poursuit pour les tracteurs plus compacts de moins de 50 ch. Iseki reste le leader incontesté du marché, suivi de près par Solis. Farmtrac a détrôné Kubota de la troisième place et TAFE enregistre une croissance significative. De plus, Bobcat fait son entrée sur le marché belge, ce qui témoigne d’une diversification croissante dans le segment des petits engins roulants.

Les performances varient selon les régions. La Flandre occidentale domine traditionnellement les immatriculations (+50 ch), représentant plus d’un cinquième du total, suivie par la Flandre orientale et Anvers. Ces trois provinces représentent ensemble la moitié de toutes les immatriculations dans le segment de marché le plus important.

Perspectives et pression du marché

Fedagrim reste prudemment optimiste pour 2026. Historiquement, les immatriculations de tracteurs augmentent les années paires, en partie grâce au traitement des ventes Agribex, ce qui peut être un signal légèrement positif pour 2026. Pour le segment compact de moins de 50 ch, l’attention se porte à nouveau sur des initiatives telles que Demo Groen en juin, qui offre aux acheteurs potentiels la possibilité de voir les nouveaux modèles en pratique.

Toutefois, des défis subsistent. La correction de 2025 montre que les chiffres de vente exceptionnels de 2024 n’étaient pas entièrement viables ; les incertitudes liées à la politique agricole, aux conditions financières et à la propension à investir continuent de freiner la dynamique du marché. Dans les pays voisins, cette incertitude a entraîné des reculs nettement plus importants, qui ne se manifestent que de manière limitée en Belgique. Et bien que l’ambiance lors du salon Agribex ait été prudemment positive dans les couloirs, des dossiers tels que le Mercosur pèsent lourdement sur le moral des (jeunes) agriculteurs.

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